Le monde tel que nous le connaissions n'est plus. Au-delà de la douleur insoutenable (Qu'allons-nous devenir ?), tâchons de nous rappeler qui était cet immense artiste.
Yvan-Chrysostome (parfois francisé en Jean-Chrisostome, voire Jean-Christophe) Dolto est né à Paris le 20 février 1943, aux alentours de midi. Son père était un éminent kinésithérapeute d'origine russe, et sa mère n'était autre que la célèbre pédopsychiatre Françoise Dolto, que tout le monde connaît pour ses ouvrages sur l'éducation des enfants. Joseph Ratzinger (plus connu sous le sobriquet de Benoît XVI) aurait d'ailleurs déclaré à son encontre (je cite) : "Non mais oh, de quoi elle se mêle l'autre morue à nous dire comment éduquer les gamins, elle ferait mieux de se taire, quand on voit son pignouf de fils". Cette déclaration lui vaudra sans doute de crever la gueule ouverte dans un fossé putride, et ce sera bien fait.
Un week-end de Juillet 1964, alors qu'il fait du parapente avec des amis sur les hauteurs de Mexico, c'est le drame : il oublie de souquer son artimuse avant un décollage, et est grièvement blessé lors de sa chute au-dessus d'une décharge de clous rouillés. Il est rapatrié d'urgence à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il restera alité 6 ans en convalescence, ce qui lui confèrera sa corpulence généreuse. Néanmoin, il met à profit ces six années pour apprendre la musique. Et là, c'est la révélation, il apprend à jouer de pas moins de 37 instruments, dont le ukulélé à résonateur, le turlusiphon des andes, le sousaphone, la grenouille musicale et la basse à 11 cordes.
A sa sortie de l'hôpital, il ne prend même pas la peine de passer chez lui prendre une douche, et file en studio où il enregistre son premier grand succès, "Y'a des indiens partout". Les tubes s'enchainent durant toutes les années 70, avec "Big Bisou", "Tout nu et tout bronzé", j'en passe et des meilleures. De sa discographie pléthorique, je vous ai sélectionné deux morceaux d'anthologie : "Papayou" et "Tirelipimpon".
Et c'est ainsi que nous souhaiterons nous souvenir de lui, et certainement pas comme l'homme qui, déjà touché par le doigt nauséabond de la mort, a participé (contre son gré, j'en suis convaincu) à un meeting à la gloire d'un nabot de sinistre mémoire en avril dernier.
Quoiqu'il en soit, oublions ce triste épisode, pour nous recueillir, et dire une dernière fois à ce génie multi-tâches "Adieu l'ami, adieu l'artiste, adieu le ringard (comme ses amis aimaient à l'appeler affectueusement)". Cela fait, tâchons de ne pas pleurer, mais appliquons ses préceptes de vie, rigolons un grand coup en nous tapant sur le ventre, et filons sur Bide & Musique écouter ses plus grands succès en les reprenant à tue-tête.
Tous avec moi : "TIRELIPIMPON SUR MON CHI-HUA-HUA..."


